En Asie centrale, les fermes de minage de cryptomonnaies sous pression énergétique, avec Hugo Estecahandy
30 octobre 2026
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L’interdiction du minage de cryptomonnaies en Chine en 2021 a favorisé son développement en Asie centrale, mettant sous pression des réseaux électriques déjà fragiles. Sur France Culture, Hugo Estecahandy, docteur de l’IFG, chercheur postdoctoral à l’IRSEM Europe et chercheur associé GEODE, analyse les conséquences énergétiques et politiques de cette délocalisation.
Le Kazakhstan, nouvelle terre d’accueil du minage
En mai 2021, la Chine annonce l’interdiction du minage de cryptomonnaies, une activité particulièrement énergivore. De nombreuses entreprises déplacent alors leurs équipements à l’étranger, notamment vers le Kazakhstan, attirées par la proximité géographique, le faible coût de l’électricité, le climat froid et un contexte politique favorable.
De grandes fermes de minage, regroupant des milliers de processeurs, s’installent dans la région. En parallèle, des entrepreneurs locaux développent des installations plus modestes, parfois illégales, en détournant l’électricité du réseau public.
Des réseaux électriques sous pression
Cette expansion rapide accentue les fragilités des infrastructures électriques héritées de l’époque soviétique, insuffisamment modernisées pour répondre à une demande croissante.
En janvier 2022, une panne majeure frappe le Kazakhstan, le Kirghizistan et l’Ouzbékistan, privant des millions d’habitants d’électricité. Les autorités kazakhstanaises pointent alors la responsabilité des fermes de minage dans les dysfonctionnements du réseau.
Une crise aux dimensions politiques
Hugo Estecahandy souligne toutefois que le minage ne suffit pas à expliquer cette crise, qui révèle également le manque d’investissements dans les infrastructures électriques.
La question devient aussi politique : le gouvernement kazakhstanais met en cause les réseaux économiques proches de l’ancien président Noursoultan Nazarbaïev, impliqués dans le développement de certaines fermes de minage.
À travers l’exemple de l’Asie centrale, Hugo Estecahandy met en lumière les tensions entre attractivité économique, consommation énergétique et gestion des infrastructures publiques liées au développement du minage de cryptomonnaies. Cette activité numérique mondialisée, difficile à réguler pour les États, exerce une pression croissante sur les réseaux électriques, avec des conséquences directes pour les populations locales.
