Offensive rebelle au Mali : vers une négociation politique globale ? par Jonathan Guiffard
Institut Montaigne
18 mai 2026
Auteur
Dans cette analyse consacrée à la situation sécuritaire au Mali, Jonathan Guiffard, doctorant à l’IFG et chercheur associé GEODE, revient pour l’Institut Montaigne sur l’offensive lancée le 25 avril 2026 par le JNIM et le Front de Libération de l’Azawad contre les Forces armées maliennes et leurs partenaires russes de l’Afrika Korps. Cette offensive marque une nouvelle phase du conflit malien et fragilise fortement la junte dirigée par Assimi Goïta, ravivant le souvenir de la chute du nord du Mali en 2012.
Jonathan Guiffard explique que plusieurs villes stratégiques du Nord, dont Kidal, sont tombées sous le contrôle de la coalition rebelle et jihadiste. Contrairement à 2012, les groupes armés privilégient désormais des stratégies de négociation, de désarmement et de blocus plutôt qu’une violence immédiate contre les soldats maliens. Le JNIM et le FLA cherchent ainsi à apparaître comme des alternatives politiques face à une junte de plus en plus contestée, tout en mettant progressivement Bamako sous pression grâce à une stratégie d’encerclement et d’asphyxie économique.
L’auteur souligne également les limites du partenariat militaire entre Bamako et la Russie. Selon lui, l’appui russe n’a pas permis de stabiliser le pays et a même contribué à alimenter les tensions avec les populations civiles. Les mercenaires russes négocient désormais leur retrait de certaines bases du Nord, tandis que la junte apparaît de plus en plus isolée politiquement et militairement.
Enfin, Jonathan Guiffard estime qu’une intervention militaire occidentale comparable à l’opération Barkhane semble aujourd’hui très improbable. Les puissances européennes et les États-Unis ne souhaitent plus s’engager directement dans le conflit sahélien. Dans ce contexte, il envisage plutôt un scénario de négociations politiques entre la junte, les groupes armés et certains acteurs régionaux comme l’Algérie ou la Mauritanie. Il alerte toutefois sur le risque durable de voir émerger au Mali un proto-État jihadiste susceptible de déstabiliser davantage l’ensemble du Sahel et de représenter une menace sécuritaire pour l’Europe.
